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Par un communiquรฉ lu ร la Tรฉlรฉvision nationale ce mardi 17 fรฉvrier 2026, la Haute Autoritรฉ de la Communication (HAC) a annoncรฉ la suspension des rรฉseaux sociaux jusquโร nouvel ordre. Cette dรฉcision serait justifiรฉe par lโutilisation abusive des plateformes numรฉriques ; des agissements qui, selon la HAC, sont susceptibles dโengendrer des conflits sociaux, de renverser les institutions et de mettre en pรฉril lโunitรฉ nationale ainsi que les acquis dรฉmocratiques.
Si le constat des dรฉrives verbales et des atteintes ร autrui sur les rรฉseaux sociaux n’est pas nouveau, la dรฉcision de la HAC รฉtonne par son caractรจre gรฉnรฉral. Elle semble ne sโappuyer sur aucune disposition lรฉgale รฉtendant explicitement ses compรฉtences et son rรฉgime de sanctions aux ยซ rรฉseaux sociaux ยป.
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ร la lecture de la Loi 019/2016 du 09 aoรปt 2016 (portant Code de la communication audiovisuelle, cinรฉmatographique et รฉcrite) et de la Loi Nยฐ 014/2023 du 03/07/2023 (portant rรฉorganisation de la HAC), la mention ยซ rรฉseau social ยป ou ยซ rรฉseaux sociaux ยป nโapparaรฎt nulle part. En 2016, lors de la rรฉforme du Code de la Communication, le lรฉgislateur a simplement inclus les ยซ mรฉdias numรฉriques ยป au titre des nouveaux organes de presse ร rรฉguler.
Il existe donc un vide juridique concernant la rรฉgulation spรฉcifique des rรฉseaux sociaux. Ce que prรฉvoit la loi gabonaise, cโest la rรฉgulation des mรฉdias en ligne et des commentaires qui y sont associรฉs. Un utilisateur de rรฉseau social qui nโest pas journaliste et qui s’exprime sur une page non identifiรฉe comme le prolongement dโun organe de presse peut-il tomber sous le champ de compรฉtence de la HAC ? Nous ne le pensons pas.
Autrement dit : peut-on rรฉguler ce que la loi nโa pas explicitement prรฉvu ? La rรฉponse est juridiquement nรฉgative. Dโailleurs, dans son communiquรฉ, la HAC nโa mentionnรฉ aucune disposition lรฉgale justifiant l’extension de ses pouvoirs aux plateformes sociales. Pour cette raison, bien que le dรฉbat de fond soit lรฉgitime, la dรฉcision prise ce mardi 17 fรฉvrier 2026 apparaรฎt comme illรฉgale.
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En revanche, la HAC est tout ร fait fondรฉe ร faire progresser la lรฉgislation. Lโarticle 31 de la Loi Nยฐ 014/2023 dispose que : ยซ La Haute Autoritรฉ de la Communication peut [โฆ] proposer aux pouvoirs publics toute rรฉforme ร caractรจre lรฉgislatif ou rรฉglementaire qu’elle juge utile ยป.
ร titre de comparaison, la Cรดte dโIvoire a adoptรฉ en 2023 une loi soumettant les influenceurs et activistes ร un cadre juridique proche de celui des mรฉdias, avec un rรฉgime de sanctions claires. Un tel dispositif permet une meilleure coopรฉration avec les gรฉants du numรฉrique, cโest-ร -dire Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM).
On ne saurait suspendre les rรฉseaux sociaux de faรงon gรฉnรฉralisรฉe alors qu’il convient d’interpeller individuellement les auteurs de faits condamnables. Une coupure globale pรฉnalise injustement les acteurs รฉconomiques et les services sociaux qui utilisent ces canaux comme outils de travail privilรฉgiรฉs.
Notre pays a dรฉjร connu des heures sombres liรฉes ร la censure numรฉrique. Engagรฉs sur la voie de rรฉformes courageuses depuis la pรฉriode de Transition, nous devons plutรดt agir pour renforcer cette dynamique de progrรจs.
Oui ร la rรฉgulation, mais dans un cadre lรฉgislatif explicite qui protรจge les libertรฉs fondamentales et sanctionne sur la base de la responsabilitรฉ individuelle.
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Communicant
