Dans une publication rendue publique le 18 décembre 2025 sur sa page Facebook, Alain Mouagouadi, délégué général de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’Éducation (CONASYSED), a vivement dénoncé les dysfonctionnements persistants entourant la gestion et le paiement des vacations. L’acteur syndical et politique évoque un partage entaché d’irrégularités, marqué par une opacité qu’il qualifie de « sans précédent ».
Depuis plusieurs semaines, les établissements secondaires du pays sont en ébullition. À la suite de la sortie du collectif SOS Éducation, les assemblées générales se sont multipliées dans les lycées et collèges, débouchant sur une décision radicale : l’arrêt des cours. En ligne de mire, la régularisation des situations administratives des enseignants, perçue par ces derniers comme l’unique issue à une précarité qu’ils imputent aux autorités publiques. Une mobilisation qui surprend d’autant plus que, selon les acteurs du secteur, le gouvernement demeure étonnamment silencieux face à l’ampleur de la crise.
Des arriérés qui cristallisent la colère
Parmi les principales revendications figurent le paiement des rappels de solde ainsi que celui des vacations liées aux examens de l’année écoulée. À cela s’ajoutent, selon Alain Mouagouadi, les vacations des concours internes de l’ENI et de l’ENS pour l’année 2024, qui n’auraient toujours pas été honorées. Autant de manquements qui alimentent l’exaspération d’un corps enseignant déjà fragilisé.
Audit des vacations : une fausse solution ?
Face aux retards accumulés, certains responsables administratifs auraient suggéré la réalisation d’un audit préalable avant tout paiement. Une option que le syndicaliste balaie d’un revers de main. Pour lui, un tel audit peut parfaitement être mené sur la base des états déjà transmis successivement par les centres d’examen à la DGEC, puis à la DECAF, à la DCAF et enfin au Budget.
« Les éventuels trop-perçus peuvent être corrigés par la mise en débet des bénéficiaires concernés », souligne-t-il, rappelant que le principe du paiement après service fait vise précisément à éviter l’ajout frauduleux de noms ou la majoration indue des montants au profit de certains privilégiés.
Alain Mouagouadi insiste par ailleurs sur le fait que les commissions indispensables à l’organisation des examens sont parfaitement connues : coordination assurée par la DGEC, commissions d’élaboration et de validation, convoyeurs, présidents de centre et de jury, secrétariats, harmonisation, jurys, surveillants, informaticiens, sécurité, santé et personnel ATOS.
Les états de vacations, précise-t-il, sont élaborés par les responsables de secrétariat et les présidents de centre, selon des montants déjà établis. « La transparence dans l’élaboration de ces états est primordiale, et les responsabilités sont clairement définies », martèle-t-il, écartant l’hypothèse de manipulations massives à ce niveau.

