• Home  
  • Nicaise Moulombi plaide pour l’opérationnalisation urgente des fonds de réhabilitation des sites extractifs
- Economie - Interview - Société

Nicaise Moulombi plaide pour l’opérationnalisation urgente des fonds de réhabilitation des sites extractifs

Le président de Croissance Saine Environnement formule dix propositions stratégiques pour transformer les ressources du secteur extractif en leviers de développement durableDans une note de position rendue publique ce mercredi, Nicaise Moulombi, figure de proue de la société civile gabonaise et président exécutif de l’ONG Croissance Saine Environnement (CSE), appelle à une mobilisation nationale autour […]

Le président de Croissance Saine Environnement formule dix propositions stratégiques pour transformer les ressources du secteur extractif en leviers de développement durable
Dans une note de position rendue publique ce mercredi, Nicaise Moulombi, figure de proue de la société civile gabonaise et président exécutif de l’ONG Croissance Saine Environnement (CSE), appelle à une mobilisation nationale autour de l’opérationnalisation des fonds de réhabilitation des sites (Fonds RES), qu’il présente comme un enjeu crucial pour la stabilité macroéconomique et la croissance verte du pays.

Un contexte sous-régional porteur
L’expert environnemental s’appuie sur les récentes décisions prises par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema en matière de souveraineté sur les ressources naturelles : inscription des métaux précieux au budget national, interdiction d’exportation du manganèse brut dès 2029, publication intégrale des conventions minières, et surtout, le rapatriement annoncé des fonds de restauration des sites actuellement détenus dans les établissements bancaires internationaux.

À l’échelle de la CEMAC, ces fonds sont estimés entre 3 000 et 6 000 milliards de FCFA. Leur rapatriement vers la Banque des États d’Afrique Centrale (BEAC), évoqué lors des sommets extraordinaires de Yaoundé en décembre 2024 et de Brazzaville le 22 janvier dernier, constitue un impératif stratégique pour consolider les réserves de change de la sous-région et financer les projets de développement.
Dix recommandations pour une transition réussie
Fort de son expérience et de sa connaissance du secteur, notamment à travers le Programme National d’Évaluation Environnementale des Sites Industriels (PESISE) mis en œuvre entre 2018 et 2020, Nicaise Moulombi formule une décalogue d’actions prioritaires :
Sur le plan institutionnel, il préconise la finalisation du cadre national de coordination et la poursuite des négociations avec les entreprises extractives pour la domiciliation de l’ensemble des fonds à la BEAC. Il insiste également sur l’extension du dispositif de rapatriement aux sites miniers, au-delà des seuls sites pétroliers.

En matière de stratégie économique, l’expert plaide pour la formalisation d’une stratégie de transition énergétique adossée au nouveau pacte environnemental gabonais et l’accélération de la refondation du modèle économique national à travers trois leviers : l’amélioration de la gouvernance économique, l’attraction des investissements directs étrangers et la réduction des inégalités sociales et territoriales.
Sur le volet opérationnel, Moulombi appelle à l’actualisation et à la mise en œuvre de la Phase II du PESISE, au renforcement des mécanismes de contrôle du respect des obligations légales par les entreprises extractives, ainsi qu’au développement des capacités techniques des parties prenantes, incluant la société civile.

Enfin, sur le plan social, il recommande le déploiement de projets à vocation sociale au bénéfice des communautés affectées par les activités extractives et l’accélération des réformes structurelles de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) au Gabon.
Une vision intégrée du développement durable
Cette contribution s’inscrit dans le rôle de « sentinelle et force de proposition » que revendique l’ONG CSE, et témoigne d’une volonté d’articuler souveraineté économique, justice environnementale et progrès social. En capitalisant sur les acquis législatifs existants – notamment la loi N°002/2019 sur les hydrocarbures et la loi N°037/2018 sur le secteur minier – tout en renforçant leur applicabilité, le Gabon pourrait, selon l’expert, transformer durablement ses ressources extractives en instruments de développement inclusif et respectueux de l’environnement.

Cette prise de position intervient à un moment charnière où le Gabon, engagé dans un programme économique avec le Fonds Monétaire International, cherche à concilier impératifs de stabilité macroéconomique et ambitions de « superpuissance verte », trente ans après avoir amorcé son engagement en faveur du développement durable.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mefiêê Gabon  @2025. Tous droits réservés.