Ce lundi 15 décembre 2025, le président de la République a effectué une visite impromptue au sein du ministère de la Fonction publique gabonaise. Le diagnostic s’avère accablant : l’absentéisme chronique aux postes stratégiques constitue un verrou majeur pour la relance économique et la modernisation de l’appareil administratif, alors même que le chef de l’État place la lutte contre le chômage des jeunes au cœur de ses priorités.
Des bureaux cadenassés, des sièges désertés, des dossiers figés dans certains services tandis que d’autres fonctionnent au ralenti. Ce tableau délétère a manifestement exaspéré le président de la République, qui a immédiatement exigé des responsables du département ministériel l’application de sanctions drastiques à l’encontre des agents défaillants.
« Il faut identifier ceux qui désertent leur poste. Vous établissez des rapports circonstanciés que vous transmettez au secrétaire général. Et j’exige des licenciements », a-t-il martelé avec fermeté. « Des Gabonais aspirent à travailler. Des diplômés fraîchement sortis des universités possèdent les mêmes qualifications que vous qui êtes ici. Offrez à ces compatriotes leur chance », a-t-il assené.
Pour le numéro un gabonais, le pays ne peut différer davantage sa marche en avant. Sur un autre registre, le président avait ordonné le déploiement de la digitalisation au sein du ministère de la Fonction publique. Plusieurs mois après cette directive, la mission demeure en souffrance. Plus préoccupant encore : la situation de nombreux demandeurs d’emploi stagne désespérément. L’absence de publication des listes de candidats dans les différents ministères perdure, à l’exception notable du ministère des Mines qui a récemment appelé à la diffusion des noms des postulants.
Lucide face aux comportements répréhensibles de certains agents, le chef de l’État a également pointé du doigt les pratiques malveillantes consistant à subtiliser délibérément le dossier d’un compatriote, aggravant ainsi la torpeur administrative. « Il suffit qu’un individu intervienne pour dérober le dossier d’un Gabonais. Celui qui nourrit des griefs fait disparaître le dossier d’autrui. Les dossiers s’accumulent dans les cartons. À quel moment envisagez-vous de numériser tout cela ? », s’est insurgé Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le fléau du chômage frappe de plein fouet le Gabon. L’argument de la saturation des effectifs ne tient plus, d’autant que la léthargie administrative constitue en elle-même un obstacle majeur. Le gel des recrutements, maintenu depuis bientôt une décennie, ne saurait perdurer compte tenu des départs à la retraite, des abandons de poste, des décès et des doublons dans les fichiers. Le chef de l’État entend manifestement s’attaquer frontalement à la problématique du chômage, quitte à bousculer un système enkysté dans ses habitudes.

